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SA suisse pour un actionnaire étranger : ce qu'il faut savoir

Un actionnaire étranger peut détenir une SA suisse, mais la forme impose un capital minimal, un représentant domicilié en Suisse et une réflexion sur le permis de travail. Voici les points à vérifier.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil juridique ou fiscal pour une situation particulière.

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Dans cette page
  1. Actionnaire étranger : ce que la loi ne demande pas
  2. Les exigences propres à la SA
  3. Conseil d'administration et représentation en Suisse
  4. Se déplacer ou s'installer : le volet permis
  5. Étapes pour constituer une SA depuis l'étranger
  6. SA, Sàrl ou succursale : bien choisir
  7. Fiscalité : ne pas la négliger
  8. Questions fréquentes

Détenir une SA suisse depuis l'étranger est possible : la qualité d'actionnaire ne dépend pas de la nationalité ni du lieu de résidence. Ce sont d'autres exigences qui comptent pour un actionnaire étranger : le capital à réunir, la composition du conseil d'administration, la présence d'une personne domiciliée en Suisse et, si vous comptez y travailler, votre statut de séjour.

Actionnaire étranger : ce que la loi ne demande pas

Le Code des obligations (CO) organise la SA autour du capital et des organes, pas autour de la nationalité des détenteurs. Un actionnaire peut donc vivre en France, en Belgique ou ailleurs et figurer parmi ceux qui souscrivent le capital.

Attention toutefois à une confusion fréquente : être actionnaire n'est pas exercer une activité lucrative en Suisse. Tant que vous ne faites que détenir des titres, la question du permis ne se pose pas de la même façon. Elle apparaît dès que vous dirigez la société, y travaillez ou vous y installez. Ces deux situations sont détaillées plus bas.

Les exigences propres à la SA

Un capital-actions minimal

Le capital-actions d'une SA ne peut pas être inférieur à CHF 100'000 (art. 621 al. 1 CO). À la constitution, les souscripteurs doivent avoir libéré au moins 20 % de la valeur nominale de chaque action (art. 632 al. 1 CO). Dans tous les cas, les apports effectués doivent couvrir au moins CHF 50'000 (art. 632 al. 2 CO).

Les actions ont une valeur nominale supérieure à zéro (art. 622 al. 4 CO). Le reste du capital non libéré demeure dû par les actionnaires, ce qui compte dans votre réflexion de trésorerie.

100 000 francs

Capital-actions minimal

Source: Code des obligations (RS 220), art. 621 al. 1

20 % de la valeur nominale

Libération minimale à la constitution

Source: Code des obligations (RS 220), art. 632 al. 1

50 000 francs

Apports à couvrir dans tous les cas

Source: Code des obligations (RS 220), art. 632 al. 2

Les repères du capital d'une SA

Un capital en monnaie étrangère

Si l'essentiel de votre activité se déroule en euros ou en dollars, le capital-actions peut être fixé dans la monnaie étrangère la plus importante au regard des activités de l'entreprise (art. 621 al. 2 CO, en vigueur depuis le 1er janvier 2023). Il doit alors avoir une contre-valeur de 100 000 francs au moins à la constitution, et la comptabilité est tenue dans cette monnaie. Dans ce cas, les apports doivent avoir une contre-valeur de 50 000 francs au moins (art. 632 al. 2 CO).

C'est un choix à examiner avec un conseiller : il influence la comptabilité, la présentation des comptes et les relations avec la banque.

Le capital autorisé et la marge de fluctuation

Pour une société qui prévoit d'accueillir de nouveaux actionnaires, les statuts peuvent autoriser le conseil d'administration à modifier le capital dans une marge de fluctuation, pendant cinq ans au plus (art. 653s al. 1 CO). La limite supérieure ne peut dépasser une fois et demie le capital inscrit au registre du commerce, la limite inférieure ne peut être inférieure à sa moitié (art. 653s al. 2 CO).

Conseil d'administration et représentation en Suisse

Le conseil d'administration se compose d'un ou de plusieurs membres (art. 707 al. 1 CO). Un seul administrateur suffit donc légalement. Mais la SA doit pouvoir être représentée par une personne domiciliée en Suisse, membre du conseil d'administration ou directeur (art. 718 al. 4 CO).

Pour un actionnaire qui vit à l'étranger, cette règle est le point pratique central. Deux voies existent en général :

  • vous êtes vous-même domicilié en Suisse et assumez ce rôle ;
  • une autre personne domiciliée en Suisse siège au conseil ou exerce la direction.

Les implications de la seconde option (responsabilité, mandat, contrôle) sont traitées sur la page consacrée à l'administrateur domicilié en Suisse.

Se déplacer ou s'installer : le volet permis

Les règles de séjour dépendent de votre nationalité et de votre rôle. Selon la loi sur les étrangers et l'intégration (LEI), un étranger peut être admis pour une activité lucrative indépendante à quatre conditions cumulatives, dont l'intérêt économique du pays, les conditions financières et d'exploitation et une source de revenus suffisante et autonome (art. 19 LEI). La LEI ne s'applique aux ressortissants UE/AELE que dans la mesure où l'accord sur la libre circulation n'en dispose pas autrement, ou si elle prévoit des dispositions plus favorables (art. 2 al. 2 et 3 LEI).

Situation Statut possible Point d'attention
Ressortissant UE/AELE qui s'installe pour travailler comme indépendant Autorisation de séjour B UE/AELE, valable cinq ans Il faut prouver l'exercice effectif de l'activité
Frontalier UE/AELE Permis G UE/AELE, valable cinq ans Retour en principe chaque jour, ou au moins une fois par semaine, à la résidence principale
Ressortissant hors UE/AELE Régime de la LEI Admission soumise à des conditions strictes, appréciée au cas par cas
Simple actionnaire, sans activité en Suisse Pas de permis lié à la détention de titres Vérifier tout rôle de direction ou de travail

Les détails sont développés dans les pages sur le permis B pour indépendant, le permis G pour indépendant et les ressortissants hors UE.

Étapes pour constituer une SA depuis l'étranger

  1. Choisir la structure

    Décider du capital, de sa monnaie et du nombre d'actionnaires.

  2. Désigner le représentant en Suisse

    Une personne domiciliée en Suisse, au conseil ou à la direction.

  3. Préparer les documents

    Pièces d'identité et, selon le cas, documents étrangers à légaliser.

  4. Passer devant le notaire

    L'acte de constitution d'une SA est authentique.

  5. Requérir l'inscription au registre du commerce

    La société existe une fois inscrite.

Constituer une SA avec un actionnaire étranger

À Genève, le passage devant notaire est obligatoire pour les SA, les Sàrl et les autres formes de capitaux. Les documents émis à l'étranger peuvent demander une légalisation : voir le guide sur les documents étrangers et l'apostille. Si vous ne pouvez pas être présent, la page créer à distance décrit ce qui est envisageable.

SA, Sàrl ou succursale : bien choisir

Pour un actionnaire étranger, la SA convient souvent quand le capital est important, quand plusieurs investisseurs sont prévus ou quand l'on souhaite une image de société de taille plus affirmée. La Sàrl demande moins de capital : la page Sàrl suisse pour Français en présente les contours.

Une société étrangère qui veut simplement s'implanter peut aussi ouvrir une succursale, sans créer de personne morale distincte. Sa réquisition d'inscription comprend notamment un extrait actuel attesté conforme du registre du commerce du siège principal, un exemplaire attesté conforme des statuts et le procès-verbal de création de la succursale (art. 113 al. 1 ORC). Sa raison de commerce reprend celle de l'établissement principal et indique, si le siège est à l'étranger, le siège de l'établissement principal, celui de la succursale et sa qualité de succursale (art. 952 al. 1 et 2 CO). Comparez les deux voies dans succursale ou filiale.

Critère SA Succursale
Personnalité juridique Société distincte Pas de personnalité propre
Capital minimal à réunir Oui, fixé par la loi Non, dépend de la maison mère
Inscription Au registre du lieu du siège Au registre du lieu de la succursale
Actionnaire étranger Possible Sans objet : la maison mère détient
Responsabilité Limitée à la société Engage la société étrangère

Fiscalité : ne pas la négliger

Un actionnaire étranger ne peut pas se contenter de la constitution : la société suisse peut avoir des effets fiscaux dans le pays de résidence, notamment si la direction effective s'y trouve. Nous n'annonçons aucun résultat, puisqu'il dépend de chaque situation. Les pages sur le siège de direction effective et sur la convention fiscale franco-suisse expliquent les points de vigilance.

Questions fréquentes

Un étranger peut-il être actionnaire d'une SA suisse ?

Oui. La loi ne conditionne pas la qualité d'actionnaire à la nationalité ni au domicile. Ce qui compte, ce sont les règles de la SA : capital, organes et représentation par une personne domiciliée en Suisse.

Faut-il un administrateur domicilié en Suisse ?

La SA doit pouvoir être représentée par une personne domiciliée en Suisse, membre du conseil d'administration ou directeur (art. 718 al. 4 CO). Le conseil peut compter un seul membre (art. 707 al. 1 CO).

Quel est le capital minimal d'une SA ?

Le capital-actions ne peut être inférieur à CHF 100'000. Au moins 20 % de la valeur nominale de chaque action doit être libéré à la constitution, et les apports doivent couvrir au moins CHF 50'000.

Peut-on fixer le capital en euros ?

Oui, dans la monnaie étrangère la plus importante au regard des activités de l'entreprise, avec une contre-valeur de CHF 100'000 au moins à la constitution. La comptabilité est alors tenue dans cette monnaie.

Un actionnaire a-t-il besoin d'un permis pour détenir une SA ?

Détenir des titres ne suffit pas à créer un besoin de permis. Mais travailler pour la société, la diriger ou s'installer en Suisse relève du droit des étrangers, qui varie selon la nationalité et la situation.

Est-il obligatoire de passer par un notaire ?

Pour constituer une SA, l'acte authentique est nécessaire. À Genève, l'autorité précise que le passage devant notaire est obligatoire pour les SA, les Sàrl et les autres formes de capitaux.

Que faire si l'on souhaite plutôt une succursale ?

La succursale est inscrite au registre du commerce du lieu où elle se trouve (art. 931 al. 2 CO). Elle suppose une société étrangère existante. Une analyse de votre situation permet de choisir entre succursale, filiale et SA.

Sources

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