Dans cette page
- Pourquoi le registre exige des pièces étrangères
- Les documents les plus souvent demandés
- Qu'est-ce que l'apostille ?
- La traduction des documents
- Ordre de préparation conseillé
- Succursale d'une société étrangère : ce que le registre inscrit
- Pièces liées aux personnes : permis et résidence
- Créer à distance : signatures et procurations
- Les erreurs fréquentes
- Questions fréquentes
Dès qu'un fondateur, un associé ou une société mère se trouve à l'étranger, le dossier d'inscription au registre du commerce suisse contient des documents étrangers : extrait de registre, statuts, procès-verbal, copie de passeport. Chacun doit être recevable pour l'office, ce qui passe souvent par une apostille, une traduction et une signature conforme. Ce guide explique ce qui est demandé, pourquoi, et dans quel ordre préparer les pièces.
Il s'agit d'une information générale : les exigences précises varient selon la forme juridique, le canton et le pays d'origine. Seul l'office du registre du commerce compétent tranche, et un conseiller peut vérifier votre dossier avant dépôt.
Pourquoi le registre exige des pièces étrangères
Le registre du commerce a pour rôle de rendre publics des faits juridiques fiables. Lorsque l'un de ces faits provient d'un autre pays (existence d'une société mère, pouvoir de signature d'un dirigeant, identité d'un associé), l'office ne peut pas le vérifier lui-même. Il demande donc un document émis par une autorité étrangère, dont l'authenticité est attestée.
C'est particulièrement visible pour les entités qui s'implantent depuis l'étranger. Pour une succursale, la réquisition d'inscription est accompagnée notamment d'un extrait actuel attesté conforme du registre du commerce du siège principal (ou d'une pièce officielle équivalente), d'un exemplaire attesté conforme des statuts, ainsi que du procès-verbal de création de la succursale et de désignation des personnes habilitées à la représenter (art. 113 al. 1 ORC).
Les documents les plus souvent demandés
Le tableau ci-dessous donne un aperçu. Il ne remplace pas la liste de l'office, qui dépend du cas concret.
| Document | À quoi il sert | Point d'attention |
|---|---|---|
| Extrait du registre du siège étranger | Prouver l'existence de la société mère | Doit être actuel et attesté conforme |
| Statuts de la société mère | Établir son but et ses règles | Exemplaire attesté conforme ; traduction possible |
| Procès-verbal de création d'une succursale | Décider l'ouverture et nommer les représentants | Signé par l'organe compétent de la société |
| Pièce d'identité des fondateurs ou associés | Identifier les personnes inscrites | Copie lisible, souvent légalisée |
| Procuration | Permettre à un tiers d'agir à distance | Forme et légalisation à vérifier avant signature |
| Justificatif de domicile | Établir le lieu de résidence | Utile surtout pour l'analyse des permis |
Pour une société de capitaux créée directement en Suisse par des associés étrangers, les pièces d'identité et les éventuelles procurations dominent. Pour une succursale, ce sont les documents de la société mère qui pèsent le plus.
Qu'est-ce que l'apostille ?
L'apostille est un certificat apposé sur un acte public par l'autorité compétente du pays qui l'a émis. Elle confirme la signature, la qualité du signataire et, le cas échéant, l'authenticité du sceau. Elle ne dit rien sur le contenu du document : un acte apostillé peut être valable ou non sur le fond.
Entre pays qui reconnaissent ce système, l'apostille remplace la chaîne de légalisations successives par les consulats. Dans les autres cas, une légalisation par la voie diplomatique peut rester nécessaire. Avant de lancer une démarche, vérifiez donc :
- si le pays émetteur délivre des apostilles ;
- quelle autorité les délivre (greffe, préfecture, ministère, selon le pays) ;
- si l'office suisse exige l'apostille pour ce type de pièce précis.
Apostille ou simple copie certifiée conforme ?
Les deux ne remplissent pas la même fonction. La copie certifiée conforme atteste qu'un document reproduit fidèlement un original. L'apostille atteste l'origine publique de l'acte. Pour un extrait de registre, l'office parle d'un extrait « attesté conforme » : demandez à l'office, avant de commander la pièce à l'étranger, quel niveau d'attestation il accepte pour votre cas.
La traduction des documents
Le registre du commerce travaille dans la langue officielle du canton. Un document rédigé dans une autre langue peut nécessiter une traduction, parfois certifiée. Les points à anticiper :
- l'office peut se contenter d'une traduction simple pour une pièce courte, et exiger une traduction certifiée pour un acte important ;
- la traduction se rattache au document source : apostillez l'original, puis traduisez, en conservant les deux ensemble ;
- les termes juridiques (but, pouvoir de représentation, siège) doivent correspondre au vocabulaire suisse, car l'inscription les reprend.
Une traduction faite trop tôt, avant que le texte définitif des statuts soit arrêté, oblige à tout refaire.
Ordre de préparation conseillé
- Lister les pièces
Demander à l'office du registre du commerce la liste exacte pour votre forme juridique.
- Commander les originaux
Extrait de registre, statuts, procès-verbaux, avec la date d'émission la plus récente possible.
- Faire apostiller
Auprès de l'autorité compétente du pays d'émission, si l'office l'exige.
- Faire traduire
Après apostille, dans la langue officielle du canton, avec certification si demandée.
- Déposer le dossier
Réquisition d'inscription, pièces et signatures conformes, dans le canton compétent.
Le point critique est la fraîcheur : un extrait de registre doit être actuel. Si l'apostille, la traduction et le dépôt s'étalent trop, l'office peut demander une version plus récente et vous faire recommencer.
Succursale d'une société étrangère : ce que le registre inscrit
Les succursales sont inscrites au registre du commerce du lieu où elles se trouvent (art. 931 al. 2 CO). L'inscription mentionne le fait qu'il s'agit d'une succursale, son siège et son domicile, son but et les personnes habilitées à la représenter (art. 110 al. 1 et art. 114 al. 1 ORC).
La raison de commerce suit celle de l'établissement principal, avec une adjonction spéciale possible. Si le siège de l'entreprise est à l'étranger, elle indique en outre le siège de l'établissement principal, celui de la succursale et sa qualité de succursale (art. 952 al. 1 et 2 CO). Les pièces étrangères doivent donc concorder avec ces mentions : une dénomination légèrement différente entre l'extrait étranger et le procès-verbal suffit à bloquer le dossier.
Pour le choix entre cette voie et une société autonome, voyez succursale ou filiale en Suisse ainsi que le détail pour ouvrir une succursale en Suisse et ouvrir une filiale en Suisse.
Pièces liées aux personnes : permis et résidence
Les documents étrangers ne concernent pas que les sociétés. Une personne qui souhaite exercer une activité indépendante doit aussi établir son droit de travailler en Suisse. Pour un ressortissant hors UE/AELE, l'admission suppose notamment que l'intérêt économique du pays soit servi, que les conditions financières et d'exploitation soient remplies et que la personne dispose d'une source de revenus suffisante et autonome (art. 19 LEI). Les justificatifs correspondants (relevés, business plan, contrats) viennent souvent de l'étranger et peuvent aussi demander apostille ou traduction.
Pour les ressortissants UE/AELE, la loi fédérale n'intervient que dans la mesure où les accords de libre circulation n'en disposent pas autrement (art. 2 al. 2 et 3 LEI). Un indépendant qui s'installe reçoit en principe une autorisation de séjour B UE/AELE valable cinq ans, à condition de prouver qu'il exerce effectivement son activité. Les frontaliers, eux, retournent en principe chaque jour, ou au moins une fois par semaine, à leur résidence principale à l'étranger.
Selon votre situation, consultez le permis G pour indépendant, le permis B pour indépendant ou la page dédiée aux ressortissants hors UE.
Créer à distance : signatures et procurations
Quand les fondateurs ne se déplacent pas, le dossier repose sur des procurations et des signatures à distance. Ici, la forme compte autant que le fond :
- la signature doit être faite devant l'autorité ou le notaire que l'office reconnaît, sinon elle peut être refusée ;
- une procuration trop large ou trop vague est parfois rejetée ;
- la date doit être cohérente avec celle des autres pièces.
Pour la logique d'ensemble, lisez créer une société suisse à distance et, pour les conditions de fond, créer une société suisse en tant que non-résident. Les pièces ne servent à rien si l'adresse d'inscription ne tient pas : voyez aussi domicilier une société suisse depuis l'étranger.
Les erreurs fréquentes
- Commander une pièce trop tôt, qui n'est plus « actuelle » au moment du dépôt.
- Apostiller une copie non conforme, alors que l'original ou une copie certifiée était attendu.
- Traduire avant la version finale des statuts.
- Oublier une pièce de représentation : sans procès-verbal désignant les représentants, la succursale ne peut pas être inscrite.
- Négliger la cohérence des noms entre passeport, extrait étranger et statuts (translittérations, accents, particules).
- Supposer que le canton voisin applique la même pratique : les offices ont des habitudes propres. Le choix du canton compte, comme le montre Genève ou Vaud.
Pour un panorama plus large des difficultés, voyez aussi les pièges de la société suisse pour un Français.
Questions fréquentes
L'apostille est-elle toujours obligatoire ?
Non. Elle dépend du document, du pays d'origine et de l'exigence de l'office. Certaines pièces sont acceptées en copie certifiée, d'autres demandent une apostille. Posez la question à l'office avant de commander quoi que ce soit à l'étranger.
Qui délivre l'apostille ?
L'autorité désignée par le pays qui a émis l'acte : greffe, préfecture, ministère ou chancellerie selon l'État. Elle porte sur l'acte public lui-même, pas sur sa traduction, qui est traitée séparément.
Faut-il faire traduire tous les documents ?
Pas forcément. Un document dans une langue nationale suisse est en général plus simple à traiter. Pour les autres langues, l'office peut demander une traduction, parfois certifiée. Mieux vaut s'en assurer avant de traduire.
Un extrait de registre étranger a-t-il une durée de validité ?
L'office attend un extrait « actuel ». Il n'existe pas de règle simple à retenir ici : demandez à l'office l'ancienneté acceptée et commandez la pièce au dernier moment raisonnable.
Les pièces d'identité des associés doivent-elles être apostillées ?
Cela dépend de la forme choisie et de la manière dont les signatures sont authentifiées. Une copie de passeport est souvent accompagnée d'une légalisation ou d'une authentification de signature plutôt que d'une apostille.
Les mêmes règles valent-elles pour une Sàrl créée par un non-résident ?
Le principe est identique : prouver l'identité, les pouvoirs et l'existence des entités étrangères impliquées. Les pièces exactes changent car une Sàrl implique des associés et un acte constitutif, alors qu'une succursale implique surtout les documents de la société mère.
Que se passe-t-il si une pièce est refusée ?
L'office invite généralement à compléter ou à corriger le dossier. Chaque aller-retour retarde l'inscription, d'où l'intérêt de faire contrôler les pièces avant dépôt.
Peut-on déposer le dossier sans se rendre en Suisse ?
Souvent oui, avec des procurations et des signatures authentifiées, mais les exigences de forme sont strictes et varient. Chaque cas s'examine individuellement.
Sources
- Ordonnance sur le registre du commerce, ORC (RS 221.411) — Fedlex
- Code des obligations (RS 220) — Fedlex
- Loi fédérale sur les étrangers et l'intégration, LEI (RS 142.20) — Fedlex
- SEM : fiche Séjour en Suisse en vue d'y exercer une activité lucrative (décembre 2024)
- SEM : Permis G UE/AELE (autorisation frontalière)
Un projet de création ou de domiciliation ?
Décrivez votre situation en deux minutes. Une fiduciaire à Genève et Lausanne l’étudie et vous répond par écrit, avec une offre chiffrée.