Dans cette page
- Ce qui ne change pas d'un canton à l'autre
- Votre permis G conditionne d'abord le projet
- Genève et Vaud : le registre du commerce, côté pratique
- Tableau comparatif Genève et Vaud
- Locaux, siège et domiciliation : le vrai critère
- Succursale ou société : ce que prévoit le droit
- Comment choisir : une méthode en quatre questions
- Ce que dit la page sur l'indépendant frontalier
- Questions fréquentes
Créer une entreprise à Genève ou dans le canton de Vaud en tant que frontalier : la question revient souvent, car les deux cantons se font face autour du Léman et attirent les mêmes profils. Le droit des sociétés est fédéral et reste identique. Ce qui varie, c'est le registre du commerce compétent, la manière de déposer le dossier, la localisation des locaux et le lien avec votre permis. Cette page compare ces points pour vous aider à poser vos critères.
Ce qui ne change pas d'un canton à l'autre
Que vous choisissiez Genève ou Vaud, la forme juridique obéit au Code des obligations (CO). Une Sàrl ou une SA se constitue par acte authentique devant un notaire, avec une inscription au registre du commerce, puis une publication dans la FOSC. Les règles sur le capital, la raison sociale et la responsabilité sont donc les mêmes. Pour comparer les formes, voyez notre page sur le choix entre SAS française et Sàrl suisse.
Le statut de frontalier, lui, relève du droit des étrangers, pas du droit cantonal des sociétés. Il pèse sur ce que vous avez le droit de faire, indépendamment du canton retenu.
Votre permis G conditionne d'abord le projet
Pour un ressortissant hors UE/AELE, l'autorisation frontalière est octroyée en vue de l'exercice d'une activité lucrative dans une zone frontalière, et son titulaire doit regagner au moins une fois par semaine son lieu de résidence à l'étranger (art. 35 al. 1 et 2 LEI). Pour les frontaliers UE/AELE, qu'ils soient salariés ou indépendants, le retour se fait en principe chaque jour, ou au moins une fois par semaine, à la résidence principale à l'étranger. Le permis G UE/AELE est valable cinq ans, et il n'existe plus de zones frontalières pour ces personnes.
Concrètement, la proximité de la frontière française reste un critère pratique pour le trajet, mais elle n'est plus une limite juridique pour les UE/AELE. Le détail est traité sur la page consacrée au permis G pour indépendant et à l'activité de frontalier qui crée son entreprise.
Autre point à anticiper : être indépendant n'est pas la même chose que dirigeant salarié de sa propre société. Selon votre situation, l'analyse d'un conseiller est nécessaire avant de choisir la structure.
Genève et Vaud : le registre du commerce, côté pratique
À Genève
Le registre du commerce y est tenu par l'OCIRT. Les règles d'inscription dépendent de la forme :
- l'entreprise individuelle doit s'inscrire lorsque son chiffre d'affaires annuel atteint le seuil de 100 000 francs ;
- la société en nom collectif, la société en commandite et les succursales suisses ou étrangères s'inscrivent elles-mêmes ;
- la SA et la Sàrl doivent obligatoirement passer par un notaire, qui procède en principe à l'inscription.
Hors notaire, l'inscription se fait en ligne par le guichet virtuel, après ouverture d'un compte e-démarches, ou par courrier avec le formulaire d'information de la forme juridique. Le requérant est contacté dans tous les cas pour légaliser sa signature. Le site de l'État ne donne pas de délai de traitement : méfiez-vous de toute durée annoncée sans source.
Un détail concerne directement les frontaliers qui travaillent en entreprise individuelle : lorsque le domicile est hors du canton, une copie du bail commercial doit être fournie pour prouver que les locaux de l'entreprise se trouvent à Genève.
Dans le canton de Vaud
L'Office cantonal du registre du commerce, rattaché à l'Ordre judiciaire vaudois, siège à Moudon. Il reçoit sans rendez-vous du lundi au vendredi le matin. Aucun délai général de traitement n'est indiqué sur la page officielle. Là aussi, une Sàrl ou une SA passe par un notaire, qui dépose le dossier.
La distance de Moudon par rapport à Genève ou à la frontière a peu d'importance en pratique pour une société de capitaux, puisque le notaire s'en charge. Elle compte davantage pour une entreprise individuelle ou une succursale déposée par vos soins.
Tableau comparatif Genève et Vaud
| Critère | Genève | Vaud |
|---|---|---|
| Autorité du registre du commerce | OCIRT, registre du commerce | Office cantonal du registre du commerce, à Moudon |
| SA et Sàrl | Notaire obligatoire, qui inscrit en principe | Notaire obligatoire (droit fédéral) |
| Démarches hors notaire | Guichet virtuel avec compte e-démarches, ou courrier | Dépôt au guichet ou par courrier, selon l'office |
| Domicile du dirigeant hors canton | Bail commercial exigé pour l'entrepreneur individuel | À vérifier auprès de l'office |
| Délai de traitement annoncé | Aucun | Aucun |
| Lien avec le permis G | Identique : droit fédéral | Identique : droit fédéral |
Locaux, siège et domiciliation : le vrai critère
Le choix du canton se joue rarement sur le registre. Il tient plutôt à l'endroit où vous exercez réellement : clientèle, locaux, équipe, accès depuis la France. Le siège inscrit doit correspondre à une réalité. Si la direction effective se trouve en France, la question de la résidence fiscale et du siège de direction effective devient centrale, de même que le risque d'établissement stable.
Si vous ne comptez pas résider en Suisse, voyez aussi les conditions applicables aux non-résidents et la question de l'administrateur domicilié en Suisse, qui se pose pour de nombreuses sociétés dirigées depuis l'étranger.
Succursale ou société : ce que prévoit le droit
Si vous disposez déjà d'une société à l'étranger et voulez ouvrir une activité à Genève ou à Vaud, une succursale est une option, détaillée sur la page ouvrir une succursale en Suisse. Quelques règles à connaître :
- les succursales sont inscrites au registre du commerce du lieu où elles se trouvent (art. 931 al. 2 CO) ;
- la raison de commerce reprend celle de l'établissement principal, et si le siège est à l'étranger, elle indique le siège principal, celui de la succursale et sa qualité de succursale (art. 952 CO) ;
- la réquisition est accompagnée notamment d'un extrait actuel attesté conforme du registre du commerce du siège principal, d'un exemplaire attesté conforme des statuts et du procès-verbal de création de la succursale (art. 113 al. 1 ORC).
Cela ouvre la question des documents étrangers, traitée dans la page sur l'apostille et les documents étrangers. À l'inverse, une filiale est une société suisse distincte : la page sur la filiale suisse d'une société française en expose les implications.
Comment choisir : une méthode en quatre questions
Votre clientèle ou vos locaux principaux sont-ils à Genève ?
Vos locaux ou votre clientèle sont-ils dans le canton de Vaud ?
Quelques repères complémentaires pour arbitrer :
- L'endroit où l'activité s'exerce. Un siège sans activité sur place attire l'attention des autorités fiscales.
- Le trajet et les rythmes de retour. Pour un frontalier, le retour régulier à la résidence est une condition du permis.
- Le profil de la clientèle. Genève et Vaud n'ont pas la même densité d'entreprises ni les mêmes secteurs dominants.
- La suite de la procédure. Un notaire de confiance et une banque disposée à ouvrir un compte pèsent plus que le canton lui-même. Voyez la page sur l'ouverture d'un compte bancaire pour non-résident.
Pour la fiscalité, la page fiscalité France-Suisse donne le cadre ; aucune règle générale ne remplace l'analyse de votre cas.
Ce que dit la page sur l'indépendant frontalier
Un étranger peut être admis pour une activité lucrative indépendante si son admission sert les intérêts économiques du pays, si les conditions financières et d'exploitation sont remplies, s'il dispose d'une source de revenus suffisante et autonome, et si les conditions des art. 20 et 23 à 25 LEI sont réunies (art. 19 LEI). Ces conditions s'apprécient au regard des règles fédérales. La LEI ne s'applique d'ailleurs aux ressortissants UE/AELE que dans la mesure où l'accord sur la libre circulation et l'accord AELE n'en disposent pas autrement, ou si la LEI prévoit des dispositions plus favorables (art. 2 al. 2 et 3 LEI).
Si vous prévoyez de vous installer en Suisse plutôt que de rester frontalier, un ressortissant UE/AELE qui entre en Suisse pour travailler comme indépendant reçoit une autorisation de séjour B UE/AELE valable cinq ans, à condition de prouver qu'il y exerce effectivement une activité lucrative indépendante. Voir la page permis B pour indépendant.
Questions fréquentes
Peut-on créer une Sàrl à Genève en habitant en France ?
Le droit des sociétés n'interdit pas à une personne domiciliée à l'étranger de fonder une Sàrl. En revanche, des conditions de représentation, de permis et de fiscalité s'ajoutent, et elles dépendent de votre cas. L'accompagnement permet de les vérifier avant de signer.
Le canton de Vaud est-il plus simple que Genève pour un frontalier ?
Aucune des pages officielles consultées ne présente un canton comme plus simple. Les deux exigent un notaire pour une Sàrl ou une SA. Les différences portent sur le guichet de dépôt et sur certaines pièces, comme le bail commercial demandé à Genève à l'entrepreneur individuel domicilié hors canton.
Un frontalier peut-il être indépendant à Genève ou à Vaud ?
Oui, dans le cadre du permis G et des conditions fédérales applicables à son statut. La nationalité compte : les règles diffèrent entre un ressortissant UE/AELE et une personne issue d'un État tiers.
Faut-il un bail commercial pour s'inscrire ?
À Genève, l'entrepreneur individuel dont le domicile est hors du canton doit fournir une copie du bail commercial pour prouver que les locaux sont dans le canton. Pour une société de capitaux, c'est le notaire qui indique les pièces utiles.
Quel est le délai d'inscription au registre du commerce ?
Les sites officiels de Genève et de Vaud n'indiquent pas de délai général de traitement. Un délai chiffré annoncé sans source n'est donc pas fiable. Voyez aussi le calendrier de création depuis l'étranger.
Peut-on installer le siège à Vaud et exercer à Genève ?
Juridiquement, c'est possible. Mais le siège doit refléter une réalité, et une activité exercée ailleurs peut créer des obligations fiscales ou une succursale à inscrire dans le canton concerné. Cela se vérifie au cas par cas.
Où trouver d'autres réponses ?
La page de questions fréquentes rassemble les points courants, et le glossaire définit les termes utilisés ici. Pour un dossier concret, le formulaire de demande permet d'être recontacté par un conseiller.
Sources
- Loi fédérale sur les étrangers et l'intégration, LEI (RS 142.20) — Fedlex
- Code des obligations (RS 220) — Fedlex
- Ordonnance sur le registre du commerce, ORC (RS 221.411) — Fedlex
- SEM : Permis G UE/AELE (autorisation frontalière)
- SEM : fiche Séjour en Suisse en vue d'y exercer une activité lucrative (décembre 2024)
- État de Genève : OCIRT - Registre du commerce (RC)
- État de Genève : A-t-on l'obligation de s'inscrire ?
- État de Genève : Procédure d'inscription et documents à fournir
- État de Vaud : Office cantonal du registre du commerce
Un projet de création ou de domiciliation ?
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